Il venait d’avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme... Il, vous l’aurez tous reconnu, c’est Marielle Goitschell qui, dans les années 60, dévalait les pistes de ski comme on entre en religion.
Sauf que sa religion à la Marielle, comme à sa grande sœur Christine d’ailleurs, c’était tout schuss du début à la fin avec des grands coups de planté du bâton dans la gueule des adversaires pour se faire respecter.
Sûres d’elles les deux frangines, fallait pas leur en promettre en matière d’intimidation, sport national dans cette bonne famille savoyarde pur beurre...
Il y eut bien sûr l’affaire des JO de 1964 (voir infra), mais l’histoire qui marquera à jamais un tournant décisif dans l’évolution du sport féminin, c’est cette fameuse affaire de Grenoble justement, où le CIO a eu pour la première fois la bonne et merveilleuse idée de pratiquer des tests de féminité...
Et surprise : la salive de la skieuse autrichienne Erika Schinegger révèla la présence d’hormones mâles exclusivement. Des examens complémentaires confirmèrent que Schinegger, élevée comme une fille, possèdait en fait des organes mâles qui se sont développés de façon interne. Opérée par la suite, elle changera de sexe, prendra le doux prénom d’Erik, se mariera et connaîtra les joies de la paternité.
Championne du monde de descente à Portillo au Chili, en 1966, elle rendra sa médaille d’or 22 ans plus tard à sa dauphine Marielle Goitshell, disant que c’était la Française qui la méritait.
Et si le test avait été pratiqué sur Marielle justement, l’histoire aurait-elle été si différente ? C’est une réponse à laquelle peu d’hommes seulement, traumatisés par cette expérience douloureuse ( !), peuvent répondre...