Qui a oublié ses larmes devant les caméras de France Télévision quand, un soir de janvier 1998, Fabrice Bénichou annonça au micro de Pierre Fulla la décision de mettre un terme définitif à une carrière riche en titres et en émotions ?
Une défaite de trop contre l’Anglais Spencer Oliver, par arrêt de l’arbitre au quatrième round, eut tôt fait d’anéantir les derniers espoirs de ce formidable champion qui incarna pendant près de dix ans l’image d’une France conquérante et victorieuse. Parce que Fabrice Bénichou remporta, de 1988 à 1995, trois couronnes mondiales et cinq européennes, il mérite de figurer en bonne place au panthéon des sportifs qui ont régalé des millions de spectateurs par leur courage et leur dignité. Et du courage, il lui en a fallu quand, challenger au titre continental des coqs devant le nordiste Thierry Jacob, il fut nettement dominé et mené aux points, tandis que les 3000 spectateurs de Calais multipliaient les insultes antisémites. Mais, au neuvième round, grâce à sa « grinta » légendaire, il mit littéralement K-O l’enfant du pays.
S’ensuivit une carrière en dents de scie où Fabrice alterna le meilleur (le combat héroïque contre le Colombien Mendoza, perdu aux points - 1 juge pour Bénichou contre 2 pour Mendoza - le 18 octobre 1990 au POPB, les huit victoires d’affilée remportées après l’annonce de son retrait des rings en avril 1995) et le moins bon (le K-O subi dès la troisième reprise face à l’Italien Vincenzo Belcastro pour sa première défense de titre mondial, l’échec du combat l’opposant à Raymond Armand dans la discothèque parisienne Le Palace).