L’homme est charismatique. Le cheveux rebelle, le regard lointain et le bandeau rouge sévèrement vissé autour du crâne, Daniel Herrero est à l’Ovalie ce que Zapatta est au Mexique : un révolutionnaire toujours prêt à lancer la mélée finale.
Si certains de ses détracteurs lui prêtent volontiers les traits du Grand Schtroumpf, Dany est avant tout un gourou toulonnais fier de ses couleurs, un esthète de la conquête du terrain, un poilu romantique qui prend les stades pour des théâtres antiques.
Il comptabilise à lui seul : 10 ans de rugby de haut niveau au Racing Club Toulonnais puis à Nice, 8 ans d’entraînement à Toulon (1 Championnat de France et 7 podiums) et 4 ans au Paris Université Club, 10 ans d’éducation physique à l’université de Nice.
Bref, Herrero c’est du lyrisme au beau milieu des brutalités, un poète en short XXL capable de sortir des phrases aussi intenses que « Viens donner avant de recevoir » ou « Notre société génère du stress. Quand y’a pression, y’a dépression », un psychanalyste de la Troisième mi-temps auteur du célèbre « Ne crispe pas les gens, libère les, fais du lien... », c’est aussi un penseur pré-vandammien méconnu mais respecté pour ses lapalissades dont il s’est fait une spécialité : « La motivation, c’est mettre le moteur en action. Et si tu veux qu’on se mette en route faut nous proposer du rêve, parce que personne ne se bouge le cul quand c’est facile ». Ca situe le débat, forcément !
De sa carrière de joueur on retiendra... qu’il était un entraîneur hors pair ! En vrai meneur de troupes (ndlr : de troupes, pas de revues...) il n’hésitait pas à balancer en plein vestiaire, en slip, après une victoire en coupe, une sentence philosophique telle que « l’humilité c’est une loi de l’aventure collective. Si tu veux qu’on te suive apprends à faire des compliments et à récompenser les talents... ».