« Oh la la... Ferme ton mange-patate ! Tu vas pas nous en faire un chiar ! »
Cette délicate expression est signée Marcel Béliveau himself, l’inimitable farceur québécois issu d’une époque où tu ne pouvais pas encore regarder la Star Ac’ le samedi soir, jeune lecteur passionné. Car chez Marcel le moustachu, le samedi c’est facétie ! Le roi de la blagounette était à l’affût des moindres faits et gestes des plus grandes stars et il fallait être bien malin pour repérer ses caméras savamment dissimulées sous un manteau XXXXL ou un chapeau haut-de-forme de 60 centimètres de hauteur...
Quelle discrétion ce vieux Marcel ! Quel professionnalisme au service de l’amusement populaire et du gros rire franc, massif !
La carrière de cet infatigable imposteur a commencé lorsqu’il décida de se faire passer pour un médecin et de rédiger une chronique dans le Montréal-Matin. Empruntant un costume de docteur, il était même allé jusqu’à faire passer des tests à ses confrères de travail. Ah ! le sacripan, le joyeux farceur !
Mais ne crois pas que l’homme à la Surprise sur Prise n’avait pas de technique, il basait sa stratégie sur les méthodes de camouflage de l’armée moldave... Ce qui lui valu plusieurs scoops tonitruants comme le coming-out de Rika Zaraï (oui, elle mange gras) ou les aveux de Laurent Fignon (il avait mal aux mollets dans le col du Glandon)... Des choses sensationnelles, à mi-chemin entre du contre-espionnage et de la franche déconnade comme on l’aime au village.
Béliveau est arrivé en France à la fin des 80s, bouté hors du Québec par des hordes de comiques naissants et qui peuplent maintenant les nuits du téléspectateur insomniaque dans Coups d’Humour (Ah ! les rires enregistrés et les spectateurs endormis...).
Bref, tu étais jeune et ne savais pas encore ce qui t’attendait lorsque le rigolo moustachu a débarqué dans ton poste, flanqué (forcément) du drôlissime Patrick Sébastien (ndlr : si, si... celui qui imite les... enfin le... bon, celui qui se déguise, quoi !).
Pour être honnête, deux animateurs ont co-présenté l’émission avant de refiler le bébé au gros Pat’ : Bernard Montiel et Christophe Dechavanne.
Mais c’était la grande époque de l’humour plébéien puisque Surprise sur Prise se partageait les samedi soirs avec Sébastien, c’est Fou ! et le cultissime Succès Fous, la tâche ne pouvait donc retomber qu’entre les mains de l’amuseur du samedi soir. N’hésite pas à poursuivre tes retrouvailles avec le "serial moqueur" en lisant l’article ci-dessous...