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Année 2000
L’an 2000, c’est aussi l’année où Julia débarque dans le bureau du directeur des programmes de Canal Plus avec un projet simple et ambitieux à la fois : présenter l’incontournable « Journal du Hard » et lui donner une dimension technique, grâce à son expérience des plateaux.
Alexandre Drubigny est plutôt réservé, les négociations sont longues mais fructueuses, la demoiselle ressort du bureau avec un contrat en poche. Drubigny, sourire aux lèvres, ne s’en remettra jamais vraiment.
La collaboration dure 6 mois à peine. La belle métisse refuse son rôle de speakerine, chose que même Denise Fabre n’eût jamais osé. Et si Denise tient d’ailleurs à son statut de potiche à mi-chemin entre la plante verte et la déco rustique, Julia claque la porte en brisant le cœur de milliers d’adeptes.
Année 2001
Julia fait le même coup à Olivier Richard, directeur des programmes de MCM, pour un nouveau magazine.
Les négociations reprennent, Richard est très vite emballé par les mains expertes de la candidate. L’émission se nomme « Hip-Hop Channel » et véhicule son lot de promotions des labels de ses amis rappeurs, qu’ils soient US ou du Neuf-Trois : Outkast, Arsenik, Doc Gynéco, Stommy Bugsy, Joey Starr, Eve, Busta Rhymes, Alicia Keys... Tous y passent !
En échange commercial, les joyeux lurons convient leur hôte à venir fanfaronner dans leurs clips, toujours à la pointe de la finesse et du bon goût. Julia fait ce qu’elle sait faire : des apparitions.
Bientôt MCM coupe court à l’épisode « Hip-Hop Channel », faute d’audience. Julia sait ce qu’elle doit faire : une conclusion.
Année 2002
C’est la grande preuve de son statut de star en cours d’oubli : Julia Channel sort une autobiographie. Lancer un piteux « Ma vie, mon œuvre » à 28 ans... C’est le symptôme star oubliée qui frappe au carreau !
L’autobiographie est un symbole d’impuissance face au succès qui passe : la troisième étape du voyage qui mène aux oubliettes, après l’exil artistique et la télé satellite.
Et même si elle essaie vainement de se justifier, on sent bien la solitude qui se dégage de l’artiste : " ce livre ce n’est pas pour raconter la fin de ma vie car je n’en suis qu’au début, mais c’est un livre qu’il faut prendre comme un élan, un livre d’espoir où je vais expliquer la difficulté de la reconversion professionnelle mais aussi sentimentale lorsqu’on sort du X ".
Quoi ? ! Du X ? ... Du cinéma porno ? On avait oublié que tu en avais fait...
Oui décidément, Julia, tu es des nôtres... !