Le petit Pascal n’a que 4 ans, en 1967, lorsqu’il réalise sa première imitation : Richard Anthony dans son tube interplanétaire ″Et j’entends sniffer le train″. Le succès est immédiat (standing ovation aux noces d’or de ses grands-parents) et Pascal acquiert ainsi la certitude de son talent précoce. Au collège, au lycée, à l’armée, partout où elle passe, notre star oubliée provoque l’hilarité de ses compagnons d’infortune. C’est d’ailleurs ce goût prononcé pour le music-hall qui lui vaut d’être nommé chef d’orchestre de la chorale de son régiment, et c’est aussi l’époque de ses premiers shows en public puisque, tous les soirs après la douche, il gratifie ses copains de chambrée de quelques imitations bien senties.
A sa sortie du service national, Pascal Brunner entre au Club Med, où il tord de rire des centaines d’électeurs du RPR grâce à ses parodies des Bronzés. Après deux ans à Ganaswinda, il décide de monter à Paris et d’éprouver son talent dans les plus célèbres cabarets de la capitale. Bien lui en prend puisqu’il est repéré par Guy Lux qui lui fait faire ses premiers pas à la télé et à la radio. Les premières joutes audiovisuelles sont timides (Le vrai-faux journal sur France Inter, Rien à cirer sur Europe 1, Yacapa sur France 3) puis, un beau matin de mai 1994, la direction de France 3 lui propose d’animer, après l’arrêt de La classe (paix à Fabrice et à Bézu !), le créneau du dimanche soir avec un quiz musical, Fa Si La Chanter. Pascal Jubile car, très vite, l’émission devient quotidienne et l’animateur parvient à fidéliser un nombre impressionnant de maisons de retraite.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et, avec la démocratisation des téléviseurs à télécommande, les plus de 70 ans commencent à zapper après Questions pour un champion et se réfugient chez Michel Drucker, sur France 2. Fa Si La Chanter est donc arrêtée en 1998 et Pascal se retrouve à la rue. C’est alors qu’Etienne Mougeotte, vice-PDG de TF1, le contacte pour animer Une famille en or après le renvoi de Laurent Cabrol. L’expérience est éphémère (6 mois) et Pascal, écoeuré par le cruel monde de la télé, décide de reprendre une carrière d’humoriste qu’il n’aurait jamais du quitter. Les one-man shows s’enchaînent, les maisons de retraite se vident pour aller admirer notre star dans les plus grandes salles de spectacle du pays (théâtre Jean Amadou de Gif-sur-Yvette, centre culturel Julio Iglesias de Marmelon-les-Hirondelles, salle des fêtes de Coin-Coin-les-Trois-Pucelles...) et Pascal, comblé, nous gratifie d’un grand plongeon vers l’oubli !