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Tendre Hervé, triste Hervé.
Tu tires de cet épisode douloureux ton goût prononcé pour la mélancolie. Tu es à toi seul l’ex-fan des sixties, la première victime de Radio Nostalgie, le pionnier des bains de pieds à Capri, le chantre du spleen face à la Méditerranée ... Bref, prédisposé à entrer par la grande porte au Panthéon des stars oubliées.
Et pour toi, ami Vévé, on ouvre les grandes portes !
Fi des petites réceptions n’offrant à ta splendeur que les paillettes ternies d’une entrée à la dérobade... Hervé est et doit rester Vilard !
« Aux grands oubliés, la patrie des stars reconnaissante » : c’est par ces mots que nous t’accueillons, joyeux troubadour. Par cette phrase prononcée que nous t’intronisons Baron de l’Oubli, comme une Croix de Grand Commandeur déposée sur ton petit être chantant, en récompense de tant de services rendus à notre mission.
Combien de fois, en tentant d’expliquer la définition d’une star oubliée, n’avons-nous dû pas nous exclamer de la sorte : « C’est un peu comme Hervé Vilard... » ?
Et là, toujours, notre interlocuteur comprend. Il est même pris d’un rictus symptomatique d’une compréhension parfaite du travail à effectuer. Il sait qu’une star oubliée est, de près ou de loin, un clone d’Hervé.
Alors oui, ami Hervé, nous te choyons.
Le petit homme brun à la mèche coquine que tu étais a fait basculer bien des cœurs de midinettes en robes à carreaux et faux-plis, demoiselles pures et chastes pour qui ta venue sur la place du village lors du bal des Catherinettes constituait l’évènement de l’année.
Date incontournable dans le carnet de sortie des écolières post-pubères, tu l’étais, fidèle Hervé ; plus encore que l’est aujourd’hui un déplacement en autocar organisé par la maison de retraite, pour un concert de Franck Michaël, chez ces mêmes demoiselles toujours chastes, mais croulant désormais sous les robes à fleurs et vrais plis. Ne fais pas ton modeste vieux crooner, tu chantais des mots d’amour à l’oreille de ton public comme Franck hurle aujourd’hui dans les sonotones de l’assistance !
Bien sûr, du petit homme brun il ne reste qu’un petit homme...
Mais qu’importe, Capri reste Capri et, c’est peu de le dire, tout ça est fini depuis longtemps...
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