- Les recettes du succès "Made in Barbelivien"... -

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Pris d’une schizophrénie soudaine, l’auteur se voit chanteur et décide de fredonner ses propres créations.

En solo, puis surtout en duo. Gardons nous de commenter une telle décision : les mots parlent d’eux-mêmes. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, surtout quand il s’agît de se ridiculiser. Alors Didier rédige une lettre enflammée à toutes les filles qu’il a aimé...
Rien ne manque : rythmique disco-neuneu, texte effarant, choristes aphones, chapeau de cowboy acheté à La Redoute, Jeep série limitée Vincent Perrot en rodage, costumes dignes d’un mardi-gras chez Patrick Sébastien, santiags empruntés à Dick Rivers lors d’un gala pour vétérans du Vietnam, décors volés lors d’un pillage sur un plateau d’AB productions...

Didier est un perfectionniste né. La preuve : il choisit Félix Gray comme partenaire, un artiste charismatique qui consacra toute sa carrière à cette unique collaboration. Belle mentalité.

Nous errons en 1990. Didier utilise encore le pauvre Félix sur une de ces prophéties dont il a le secret : Il faut laisser le temps au temps (librement adapté d’un discours de François Mitterrand, ndlr). Juste le temps, justement, d’emplir les caisses de la Barbelivien Limited et on passe à la prochaine victime.

1993. La pauvrette se nomme Anaïs et accepte de jouer à la chouanne le temps d’un clip pour TF1 : on lui inflige Les mariés de Vendée comme un marquage au fer rouge sur une carrière forcément avortée. Même scénario qu’avec Félix Gray, un second titre sous forme de symbole : Quitter l’autoroute. Effectivement, c’est le dérapage. Anaïs est éjectée sur le bas-côté, Didier poursuit sa route les poches pleines.

C’est donc la troisième manière barbeliviesque de voguer sur les flots tranquilles du succès populaire : la reprise des plus grands tubes francophones. En plus de s’épancher laborieusement dans la collection Les plus belles chansons françaises des éditions Atlas, il enregistre des reprises aussi variées que Pour une amourette, Dès que le printemps revient, C’est de l’eau c’est du vent, Les matins d’hiver, Aimer à perdre la raison, Henri porte des lilas et Quand la musique est bonne, entres autres adaptations risquées des standards français.
Mieux encore, en 1997, Didier se risque à l’anglais dans un album entièrement consacré à ses idoles : Yesterday les Beatles. Un accent à faire pâlir la Nelson Monfort Academy. Heureusement pour ,nos oreilles, la compilation est un four. Didier rempile ses ambitions internationales. L’honneur est sauf.

Attention jeunes fous, car si vous vous gaussez de ses prouesses syntaxiques, sachez que l’ami Barbelivien n’a aucun humour et s’est déjà emporté bien des fois contre l’insolence de la plèbe.
L’homme est profondément royaliste, au point d’avoir célébré à sa manière les mariages chouans dans un vaste projet intitulé Vendée 93, honni le bicentenaire de la Révolution et composé une chanson intitulée Vive le Roy (notez le Y médiévalesque... Quelle culture !). Le pauvre Laurent Boyer, confesseur sur M6, a appris à ses dépends un postulat aristocratique : Didier ne supporte pas la critique. A la question : « Tes textes ne sont pas parmi les plus recherchés, est-ce que ça participe à ton succès populaire ? », le gueux s’est vu attribuer un cinglant regard lui intimant l’ordre de cesser immédiatement toute diatribe. Halte la vile crapule, tu joues avec ta peau !
Décidément dur à la compréhension, Laurent poursuivi l’entretien d’un courageux : « Que réponds tu à ceux qui disent que tes chansons sont des tubes d’ascenseurs ? ». C’en était trop, un seigneur ne se laisse pas maltraiter par un serf, code vassal oblige. Barbelivien quitta le plateau comme un prince, en gardant son micro (en souvenir ?).



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