Retour à la rubrique spéciale Didier Barbelivien
Ce qui devait arriver arriva : Hervé Vilard, pointe sa mèche chez Polydor et tombe sur l’inévitable Didier. La collaboration enfante sur plusieurs catastrophes naturelles, la littérature française est exsangue ; gardons de cette boucherie textuelle les hymnes au silence que sont Reviens et Méditerranéenne.
Mais continuons notre chemin de croix. Plusieurs apôtres du Barbelivisme rejoignent le prophète ; citons Vicky Léandros (pardon ?), Nicoletta avec sa Dernière prière (le chant du cygne ?), Dave nous confiant Heureusement que la musique est là (... ça dépend pour qui...), Eric Charden complètement stone dans L’été s’ra chaud, Daniel Guichard venu pour Pas te parler d’amour et... et... à tout seigneur, tout honneur : Mireille Mathieu interpréta du « Barbalavida » à deux reprises. Depuis, elle tente d’oublier en visitant le Japon sans billet retour.
Didier devient un gratte-papier national, plume officiel des chanteurs en perdition.
Il écrit comme un malade, brimé par ses producteurs, enfermé dans une petite chambre de bonne sous les toits de Paris, enchaîné à son petit porte-plume qui devient bien vite son seul ami. D’ailleurs, par détresse, il parle à son porte-plume. Les soirs d’hiver, quand son poêle à charbon vient à rendre l’âme et que le givre s’empare de son petit duvet troué, Didier pense à son enfance. Alors lui revient l’espoir. Didier regarde par son petit carreau cassé et aperçoit les lumières de la ville. Il sait qu’un jour viendra son heure, son prince charmant... et un bon paquet d’argent !
Les années 80 font de lui un précurseur de la mission confiée à stars-oubliées et l’incitent à créer son propre label : Pomme Music.
Il est très rapidement intronisé Grand Commandeur de l’oubli, grade suprême chez les casques bleus de la médiatisation.
L’enchaînement qu’il va effectuer tient d’une gigantesque kermesse à la vedette en perdition : il relance Linda de Suza (L’étrangère, La maison de cet été, On est fait pour vivre ensemble au début des années 80, Jean-François Michaël avec (Sentiments en 1981, Jeane Manson et son Dis jamais goodbye, 1981, Gilbert Montagné avec (On va s’aimer en 1984, Guy Mardel et son (Brésilienne (1984), Quelque chose comme de l’amour en 1989, Phil Barney (sans Marlène du Loft) avec (Le souvenir de toi daté de 1988, Michel Delpech qui va (Pleurer le chanteur en 1989, Ginette Reno via (Ceux qui s’en vont (1988)...
Jamais rassasié, en seigneur du tube sur commande, il crée pour les incorrigibles Enrico Macias et Philippe Lavil.
Les textes mielleux coulent à merveille dans les cordes vocales d’Enrico (La France de mon enfance, 1980 / Le mendiant de l’amour, 1980 / C’est une femme, 1981 / Le père-Noël du monde, 1981 / Générosité, 1984) tandis que Philippe invente le zouk pour retraités (Il tape sur des bambous, 1982 / chanson reprise par l’inimitable crooner rhumatisant Julio Iglesias, sous le titre Jamaïcaine en 1984 / Elle préfère l’amour en mer, 1985).
Le concept est simple : prendre une ancienne gloire susceptible de faire un petit retour dans le radio-cassette de tante Béa, adapter les trois accords du tube précédent, convoquer la presse autour de l’évènement en théâtralisant le contenu... Paf ! Le vinyl se change en diamant... Du Obispo avant l’heure.
Le mieux, c’est que notre Barbelivien national dispose de plusieurs fonds de commerce. Même époque, autre contexte : les grandes stars, le monde de l’éternel. Ces chanteurs qui assurent un succès sur les ondes et dans les bacs, quoiqu’il advienne dans l’actualité nationale. Donc, là encore, Didier sait qu’il va passer à la caisse. Gilbert Bécaud, Dalida (Une femme à quarante ans, 1981 / Pour te dire je t’aime, 1984), Michel Sardou (Une lettre à ma femme, 1985 / Marie-Jeanne, 1990 / Le successeur, 1988 / Divorce à l’amitié, 1992), Patricia Kaas(Mademoiselle chante le blues, 1987 / Mon mec à moi, 1988 / Les hommes qui passent, 1990) et puis, bien sûr, Johnny Halliday. Troublaant...
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