- 1954-1980, Didier devient Barbelivien -

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1954 : débarquement terrestre de la progéniture d’un couple de commerçants parisiens. Ses parents refusent d’imaginer au petit Didier une carrière dans le monde musical, chose incongrue selon eux. Pourtant lui s’imagine chef d’orchestre... Version Louis de Funès in « La Grande Vadrouille ».

Bref, l’enfant grandit calmement, mais ambitieusement. Son succès dépasse bien vite la cour de récréation, il s’imagine sur les podiums des MJC de la région mais un drame survient, stoppant net ses rêves de stars... Au concours d’entrée au Conservatoire, le verdict tombe comme un couperet fatal (et tellement judicieux) : « M. Barbelivien n’a aucun sens de la mesure, nous sommes au regret de lui annoncer qu’il n’est pas accepté à poursuivre sa formation au sein du Conservatoire  ».

Didier encaisse. Il sait qu’il sera célèbre.

L’artiste est né, sommeille déjà en lui le « Pape du CD 2 titres », celui qui invente chaque été les refrains que papa chante en boucle au camping des mouettes bleues.

Allez... Qui ne s’est jamais lancé dans une ritournelle barbelivienne, une paire de tongs aux pieds, à l’heure du karaoké, pour séduire la petite brunette du mobilhome d’à côté ? Qui n’a jamais subit la reprise familiale d’un tube barbeliviesque au cours d’un repas de communion arrosé au mousseux ?

Mais soyons clair.
Barbelivien, c’est des mots faciles et des clichés à faire pâlir d’envie une comédie musicale d’Elie Chouraki. Barbelivien, c’est aussi des chorégraphies immobilistes dont s’est inspiré Kamel Ouali à Damarie-les-Lys.
Barbelivien, c’est tes vacances à St Malo, tes parents en maillot qui dansent sur Luis Mariano...

Reprenons le le fil rouge... Deux individus, aujourd’hui poursuivis pour incitation à la violence, décident de lui apprendre la musique et le solfège : M. Brickaert et Mlle Durand. Ces ignobles personnages poussent le bouchon jusqu’à lui conseiller d’écrire ses propres chansons... Et comme un drame n’arrive jamais seul : Jean-Michel Caradec, alias « Monsieur Polydor », le remarque et lui fait signer son premier contrat.

Plusieurs artistes de la maison Polydor fredonnent ses titres sans réel entrain... Jusqu’à la catastrophe : Gérard Lenorman (chercheur au comité français de l’oubli populaire) balance Et moi je chante en 1975 et offre à Didier son premier succès.

Lenorman s’enflamme et enchaîne sur Michèle en 1976. Le public suit. Gérard en redemande mais Didier est très vite réquisitionné par les plus grands artistes oubliés : François Valéry interpréta le titre éponyme Le prince d’amour, Christophe parla d’Une petite fille du soleil et Patricia Lavila (qui ça ?) se vit offrir une Déclaration de paix, déclaration d’amour.

Puis vient le temps des copains. Didier Barbelivien rencontre Michèle Torr et lui compose ses plus grands succès...

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