- La légende d’Hélène, ou histoire d’une fille sans histoire ni déboire. -

(Voir la rubrique complète sur Hélène !)

Comme tout le monde le sait, Hélène et les Garçons et ses suites sont des feuilletons éponymes d’une des figures de proue d’AB, Hélène Rollès. Celle-ci a d’ailleurs abandonné ces derniers mois son statut de star oubliée (quoique...) puisqu’après des années de silence elle a fait sa réapparition dans les Vacances de l’Amour. D’aucuns diront que c’est là son chant du cygne.

Selon l’hagiographie d’AB, Hélène fut dénichée quelque part dans le service courrier de la société, après quoi il lui fut attribué un petit rôle dans Premiers Baisers puis une série à son nom. Cumulant son activité de comédienne avec celle tout aussi gratifiante de chanteuse, elle connut rapidement la gloire mais, après une ultime tournée et un énième come-back dans le Miracle, elle décida que c’était assez et se réfugia dans la Sarthe, plus précisément au Mans, sa ville natale. Après plusieurs années durant lesquelles elle aurait "traversé l’Australie et Cuba seule avec son sac à dos" (effectivement, une traversée du désert), lassée de tant d’inactivité, elle réintègre la famille AB et se décide à revenir en improbable navigatrice solitaire dans les Vacances. Hélène a vieilli, mais Hélène est éternelle.

Car seule importe finalement non pas tellement Hélène Rollès, mais Hélène, le fruit de l’imagination d’Azoulay. Un premier principe : Hélène est belle, intelligente, parfaite en toutes choses. C’est peut-être ce qui a hâté son déclin. Mais elle passe à travers les années, avec son statut de personnage sur lequel pas même l’Amour n’a réellement de prise. Ici, pas question de M. Nataf et de ses oublis, ni de K. Chéryl dont le poids des ans ne trahit pas une profonde incapacité à jouer la comédie.

Pour commencer par le début, il faut savoir qu’Hélène est, dès le premier épisode ou peu s’en faut, avec Nicolas, le guitariste du groupe. Il faut aussi se souvenir qu’Hélène ne s’adresse pas aux ados, et encore moins aux étudiants, mais aux 7-12 ans. Donc, la relation entre Hélène et Nicolas est un peu énigmatique. Des monuments d’ennui, de flagornerie, de niaiserie, en somme. Azoulay veut nous faire croire que c’est une version moderne de Roméo et Juliette, mais cela ressemble plus à Isidore et Clémentine, sauf qu’il ne s’agit pas de lapins, mais de produits marketing. Le coup porté aux mythes est rude : à la place des philtres d’amour, des diabolos banane-kiwi ou pamplemousse-fraise. A la place des rivalités entre familles, un gros rubik-cube de couples sans histoire et parfaitement arrangés. A la place de la mort brutale, une mort lente de quelques 400 épisodes. Shakespeare doit se retourner dans sa tombe, c’est AB qui gère son héritage. Si Hélène et Nicolas étaient un couple, ce serait plus Belle et Sébastien que Tristan et Iseult...

Mais il y a plus. Hélène non seulement est une amante passionnée, mais aussi et peut-être surtout une amie extrêmement compréhensive. Au courant de toutes les embrouilles bien avant tout le monde, elle a une sensibilité hors du commun et flaire les coups fourrés deux ou trois épisodes avant même le téléspectateur, elle sait également le cas échéant jouer non pas le rôle de l’entremetteuse (dévolu à Johanna puis à Laly) mais celui beaucoup plus délicat de la recolleuse de morceaux entre les autres couples. De là à penser qu’Hélène est une sainte, il n’y a qu’un pas.

Mais si c’est une sainte, c’est plus dans une acception médiatique du terme (Lady Diana). Hélène en effet pratique la philosophie du début des années 90, le politiquement correct, avec une remarquable constance. Pêle-mêle : il ne faut jamais juger... tout le monde a droit à sa chance... ’il y a du bon en chaque personne... On voit le genre. Alors bien-sûr il y a des dérivées de la fonction de l’amie géniale : la confidente, la vengeresse, celle qui console, qui motive. Peut-être finalement qu’Hélène devrait se présenter aux élections présidentielle !

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