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Hélène !)
Accent
Les sitcoms d’AB ont initié un nouveau concept : " l’exotisme paye ", et son corollaire " avoir un accent, c’est cool ". De fait, Hélène est traversée par différentes influences culturelles : Laly est brésilienne, José a des origines argentines, Hélène a vécu en Australie. Sans oublier les célèbres accents de Johanna et de Linda. Non seulement c’est naturel, mais en plus, ça se cultive. Règle en la matière : glisser deux ou trois mots en Anglais, pour que ça fasse " in ", mais trop compliqués pour que les ados avec un an d’Anglais puissent comprendre. Détail amusant : dans un épisode, une figurante est sensée être allemande. Ayant moi-même passé un certain temps en Allemagne, je suis certain que la fille en question n’est pas allemande et est même très probablement française. Dans un autre épisode, ils nous font passer pour Allemand un type qui a un accent (comme son nom d’ailleurs) belge caractérisé. Autre détail curieux : le personnage de Kanu est probablement le personnage le plus insignifiant d’Hélène -pourtant, il y a de la concurrence. A part le fait d’avoir rendu Nathalie pour un temps plus synmpathique, sa principale fonction semble être de répéter le leitmotiv de la sitcom " life is cool ", c’est-à-dire : je porte des fringues qui craignent, je joue un peu de musique de temps en temps, je traîne à la cafet’, je vois mes potes et ma copine. En effet, la vie est belle.
Argent
Un autre mystère d’Hélène. Sauf à supposer que les parents des personnages ou eux-mêmes sont millionaires, il faut reconnaître que l’argent est bien le cadet de leurs souçis. En plus d’oublier régulièrement -pour ne pas dire systématiquement- de régler leurs consos à la cafet’, leurs largesses n’ont pas de limites : achats vestimentaires, instruments de musique, voyages... La totale, c’est la location de la maison dans le Miracle de l’Amour. Je veux bien croire que le proprio leur a fait un prix " parce qu’il aime bien les jeunes sympas ", qu’ils partagent le loyer, il semble qu’ils soient tombés sur l’affaire du siècle : gigantesque, apparemment proche de Paris, en même temps en pleine campagne. Un vrai palace. Parallèlement, et de manière assez comique, Azoulay rajoute des petits éléments de pauvreté (on devrait dire : normalité) : genre, j’ai pas les moyens de t’offrir un cadeau (il faut dire qu’ils y vont pas de main morte : les bagues, les bracelets et tout en or...), ou alors j’ai dû prendre l’argent économisé pour les vacances pour acheter la voiture. Il s’agit de faire un minimum étudiant -vraiment un minimum. Mais bon, ça n’est pas grave, puisque comme on le sait tout le monde et surtout Azoulay se moque de savoir si c’est réaliste ou pas.
Australie
Le Paradis perdu... Un véritable Eden ! Avant d’être dans la série (en fait avant Premiers baisers), Hélène était en Australie avec ses parents (mais pas avec Justine, puisqu’elle avait trouvé une meilleure idée : habiter avec les Musclés ; franchement, il faut avoir de l’imagination). On l’entend pas une seule fois parler anglais, mais il semble qu’elle ait apprécié. Hélène en a marre de tourner dans une sitcom : Eeeehhh bien, elle va se re-casser en Australie, parce que sa vieille grand-mère est malade. Il fallait la trouver, celle-là. Trop fort, Azoulay. Créatif et tout. Remarquez, j’ai lu quelque part que durant son absence médiatique Hélène avait parcouru l’Australie à pied. L’Australie doit être un peu le Katmandou des années 90. Sinon, c’est aussi la patrie de Linda.
Azoulay
JL Azoulay (le A de AB Prod.) devait avoir un rythme d’écriture assez impressionnant. La preuve, il ne s’embarrasse pas avec les finesses : du sentiment, du sentiment, rien que du sentiment. Même si on apprécie le 36e degré, au bout d’un moment, ça va bien. Il y a en plus dans Hélène un certain nombre de théories bien ficelées sur pêle-mêle l’armée, l’amitié, l’alcool, la violence, la drogue... Moins les scénarios prennent la tête des gens, mieux c’est. Dans ce style, JLA parvient à des niveaux jamais atteints auparavant. Du point de vue industriel, c’est le maximum.